Le musée de Busan m'a commandé cette oeuvre dans le cadre du sommet mondial de l'Unesco, dans l'idée de présenter le patrimoine coréen sous un autre regard. L'œuvre montre deux lieux emblématiques de Séoul : le palais de Changdeokgung et le sanctuaire Jongmyo. Ces lieux sont remarquables par la relation que l'architecture entretient avec la nature environnante. Arbres centenaires, jardin et plans d'eau se mêlent aux palais et sanctuaires, dans un silence végétal en plein cœur de Séoul.
J'ai longtemps voulu filmer en couleur, filmer les frontières. Car si ces lieux sont étonnamment calmes, ils se trouvent au cœur de Séoul, à proximité immédiate avec cette mer de béton, bruyante et chaotique. En me concentrant sur les lieux mêmes, j'ai évacué ce qui les ramenait dans le présent : la couleur, l'arrière-plan urbain. Le noir et blanc, associé à l'isolation du fond, libère les lieux de leur époque. Il amène à réfléchir en termes de masses d'ombre et de lumière. En m'inspirant des natures mortes traditionnelles d'étagères et de livres, ou Chaekgeori, j'ai cherché une forme de minimalisme, en limitant détails et points de fuite.
Busan Museum commissioned this work for the UNESCO World Heritage Committee session, with the idea of presenting Korean heritage through a different gaze. The work shows two emblematic sites in Seoul: Changdeokgung Palace and Jongmyo Shrine. What makes these places remarkable is the relationship the architecture maintains with the surrounding nature. Centuries-old trees, gardens and ponds mingle with the palace and the shrine, in a green silence at the very heart of Seoul.
For a long time I wanted to film in colour, to film the boundaries. Because while these places are strikingly calm, they sit in the middle of Seoul, right up against that sea of concrete, noisy and chaotic. By concentrating on the sites themselves, I removed whatever brought them back into the present: colour, the urban background. Black and white, combined with the isolation of the background, releases these places from their own time. It leads one to think in terms of masses of shadow and light. Drawing on the traditional still lifes of shelves and books, or Chaekgeori, I looked for a form of minimalism, limiting detail and vanishing points.